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POPECHA Sarl

POPECHA Sarl

Couture Enfant

UNE HISTOIRE

Ces soieries et cotonnades aussi précieuses les unes que les autres, brilleront de leur mille feux à la cour de louis XIV.

Le voile de brouillard se déchire à l’approche des côtes du Bengale. Dans l’aube naissante, le pays des tigres et des Maharadjahs s’éveille à l’appel du Muezzin de Dhaka. Dans les riches villages alentour, le rythme saccadé du claquement des métiers à tisser envahit déjà les ruelles de Jangalbari, Bajit-pur et Sonargaon. Des caravanes s’ébrouent lentement vers l’Inde emportant dans leurs bagages des malles de Jamdani, « joyau des tissus », destinées à l’empereur Moghol.

La rade de Calcutta accueille les vaisseaux de Colbert affrétés par la Compagnie française des Indes Orientales. On s’affaire fiévreusement sur les quais brûlants. Les cales des navires s’emplissent de Muslin, d’Indianes. Dans quelques mois, ces soieries et cotonnades aussi précieuses les unes que les autres brilleront de leur mille feux à la cour de Louis XIV. L’Europe entière loue le savoir-faire des tisserands de Dhaka et s’émerveille devant tant de splendeurs.

Le déclin de l’empire Moghol au XVIIIème siècle permet aux Compagnies des Indes Orientales Françaises, Anglaises et Hollandaises d’acquérir le monopole du commerce des étoffes précieuses. Privés de leur plus grand mécène, les tisserands de Dhaka et des environs doivent se plier aux contraintes économiques qui leur sont désormais imposées. En proie à de nombreuses répressions dès lors qu’ils refusent de se soumettre aux diktats, les artisans délaissent petit à petit leurs métiers à tisser. La révolution industrielle qui mécanise la production du textile en Europe sonne le glas de l’artisanat rural au Bengale dès le milieu du XIXème siècle. Le plus riche bassin artisanal que le monde du textile n’ait jamais connu glisse depuis vers une mort inexorable.


UN PROJET

La réappropriation de techniques de production
artisanales non polluantes.

L’appauvrissement constaté de l’artisanat du tissé main conduit à l’extinction inexorable d’un savoir-faire ancestral patrimoine de l’humanité. Être responsable, c’est lutter contre cette fin programmée. La fondation Popecha a été créée pour répondre à cette aspiration. Les actions menées sur le terrain revêtent deux aspects :

- Une action de formation avec la mise en place d’ateliers pédagogiques dédiés aux différents métiers de la filière. Ce pôle de concentration des savoir-faire permet d’améliorer la qualité des produits.
- Une action de pérennisation de l’activité avec le réaménagement d’un bassin artisanal de production en milieu rural. Ce pôle de concentration des activités favorise une lutte efficace contre l’éparpillement des connaissances. Il concourt également à l’amélioration de la productivité.

La réappropriation de techniques de production artisanales non polluantes (tissages manuels, teintures végétales) est un facteur déterminant d’économie écologique. L’utilisation des compétences industrielles « vertes » disponibles dans le cadre de l’aménagement du bassin de production et de la gestion des ressources renouvelables participe à la réduction de l’empreinte écologique laissée par l’activité. Les retombées du programme se traduisent par une redynamisation de la filière au profit des populations locales.

L’industrialisation du textile au Bangladesh participe également au contexte général qui favorise l’éclatement de la cellule familiale. Pour trouver du travail, le père de famille quitte son village pour les grandes agglomérations urbaines. Il laisse derrière lui une femme et des enfants souvent en nombre. La réintroduction d’une activité textile en milieu rural permet, à l’échelle du projet, une recomposition de cette cellule familiale. Le quotidien nous rappelle à quel point l’omniprésence de l’enfant dans la société Bangladeshi le rend indissociable de l’action menée. La fragilité des structures sociales locales nous oblige à apporter des solutions aux problèmes liés à la santé et la scolarité. Qui, mieux que l’enfant pouvait dès lors véhiculer l’image du projet.


DES FEMMES, DES HOMMES, DES RENCONTRES

Une équipe

Anne-Laure Pedegert, 35 ans, styliste et modéliste, formée au modélisme haute couture au lycée Choiseul à Tours avant de s’orienter vers le stylisme. Elle a travaillé 12 ans dans le domaine du prêt-à-porter en France et dirige actuellement un atelier de création textile enfant et adulte en qualité d’associée pour le compte du groupe Flaxen Fashionwears Ltd.

Zahid Kamal, 45 ans, gérant d’entreprise, master de gestion à l’université de Dhaka, occupe divers postes à responsabilité dans plusieurs entreprises du secteur manufacturier textile au Bangladesh. Il dirige aujourd’hui Flaxen Fashionwears Ltd.

Stéphane Polya-Somogyi, 48 ans, gérant d’entreprise, formé à l’Ecole Pilote Internationale d’Art et de Recherche de la ville de Nice. Il a dirigé un atelier de couture spécialisé dans la confection enfant et le rebrodé main pour le prêt-à-porter de luxe à Madagascar avant d’occuper à l’Île Maurice le poste de responsable logistique d’une société Française spécialisée dans le sportswear. Il initie le projet Popecha en 2010.

Des soutiens

Ahmed Belal, 58 ans, issu d’une longue lignée de tisserands soyeux, il est la mémoire vivante de l’artisanat de la soie au Bangladesh. Ses préoccupations se sont souvent posées en terme de développement durable avec des recherches notamment effectuées en collaboration avec une équipe Canadienne dans le domaine de la teinture végétale de la soie. Il gère aujourd’hui Zareen Silk Industries, l’une des dernières unités de production artisanale de tissus en soie faits main.

Abdus Shakoor, 64 ans, peintre et calligraphe de renommée internationale dont le travail maintes fois primé s’inspire de la tradition villageoise Bengali au travers notamment de la thématique du textile explorée par l’artiste dans le cadre de l’habit traditionnel. Il est titulaire de la chaire d’artisanat à la faculté des beaux-arts de l’université de Dhaka.


DES VÊTEMENTS

Chaque pièce est confectionnée de manière individuelle
en privilégiant le cousu main.

L’expertise de l’équipe créatrice dans le domaine de la façon haut de gamme et son goût pour la mode enfantine nous permet aujourd’hui de présenter une collection couture consacrée au premier âge. Les défis techniques liés au travail de matières tissées main complexes et délicates sur de si petits gabarits ont pu être relevés grâce au savoir-faire de nos artisans couturiers.

Mi gavroche, mi poulbot les lignes Popecha s’inscrivent dans l’air du temps avec leur esprit désuet et leur côté guerre des boutons. Les coupes insouciantes exhalent un parfum à la saveur intemporelle. Cotons organiques, soies naturelles, cashmere et mérinos s’assemblent indifféremment en fonction des saisons dans des matières unies ou imprimées, à rayures ou à carreaux. Tissés à la main selon des méthodes traditionnelles les taffetas, zéphyrs, mousseline, étamines et autres étoffes allient douceur, fraîcheur et légèreté.

Les vêtements sont montés dans notre propre atelier de couture. Chaque pièce est confectionnée de manière individuelle en privilégiant le cousu main. Un soin constant est porté aux diverses étapes de fabrication. La coupe des tissus se fait à l’unité. Le vêtement est monté manuellement. Il est ajusté pour un meilleur confort avant d’être assemblé. La pose des biais, le placement des boutons et la finition du vêtement sont réalisés à la main. La plupart des vêtements qui composent nos collections nécessitent ainsi de nombreuses heures de travail.